Biography
Dans les années 1930, face à la montée du nazisme, de nombreux Juifs fuient l’Allemagne. Entre mars 1933 et septembre 1939, la Belgique accueille un nombre important de réfugiés juifs du Reich. Pour ces exilés, la question essentielle n’est pas seulement celle de la survie : comment reconstruire une vie quand tout a été arraché ?
C’est dans ce contexte que se crée, en mai 1937, l’AREPROR — l’Association pour la Rééducation Professionnelle des Réfugiés —, présidée par Max Gottschalk. Ses statuts sont publiés au Moniteur belge en août 1937. Soutenue dès sa naissance par le Joint (l’American Jewish Joint Distribution Committee), l’AREPROR se donne pour but de former les réfugiés à des métiers professionnels (plomberie, menuiserie, ferblanterie, serrurerie, comptabilité) afin de leur donner les moyens de subvenir à leurs besoins et de préparer leur réémigration.
En 1938–1939, l’AREPROR joue un rôle central dans les centres d’internement juifs à Merksplas. En avril 1939, sur les 600 réfugiés pris en charge par l’AREPROR, 530 se trouvent à Merksplas. Dans ces centres, l’AREPROR organise des ateliers et des cours : les internés apprennent non seulement un métier, mais aussi des compétences linguistiques ou comptables. Cette formation professionnelle est d’autant plus importante que les réfugiés sont perçus non seulement comme des personnes à aider, mais aussi comme une main-d’œuvre potentielle pour l’économie belge.
L’action de l’AREPROR ne doit pas être comprise uniquement comme une œuvre charitable : elle s’inscrit dans une logique plus large, politique. Le caavaa (Comité d’Aide et d’Assistance aux Victimes de l’Antisémitisme en Allemagne) collabore étroitement avec les autorités belges. Les réfugiés, en étant formés, deviennent capables de repartir vers d’autres pays (réémigration), ce qui permet à la Belgique de justifier leur présence provisoire. Par ailleurs, l’AREPROR limite la concurrence avec l’industrie locale : la production réalisée dans les ateliers des réfugiés doit servir surtout à leur usage ou dans le cadre de leur rééducation, pas concurrencer l’industrie belge.
Pour les réfugiés juifs, l’AREPROR représente bien plus qu’une école professionnelle : c’est un lieu d’espoir, d’utilité, et une façon de reconstruire une dignité perdue. Dans des moments d’exil, d’incertitude, pouvoir apprendre un métier permet de reprendre une part de contrôle sur sa vie. Cela facilite aussi la réémigration : en quittant la Belgique, les réfugiés repartent avec des compétences concrètes, ce qui augmente leurs chances de s’installer dans un autre pays.
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