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Statuette animalière - Beta Israël

Objet musée

Numéro d'inventaire : 00184
Titre : Statuette animalière - Beta Israël
Dénomination contrôlée : Oeuvre d'art-sculpture
Désignation de l'objet : Figurine en terre cuite représentant une figure animale gravée d'une étoile de David, typique de l'art de la communauté Beta Israël en Ethiopie, ca.1960.
Matériaux : terre cuite
Dimensions : 7,5 cm x 4,5 cm x 4,0 cm
Mode d'acquisition : don
Personnes/Organisations liées :
Datation (période) : XXe siècle
Date de production : ca 1940-60
Provenance géographique : Ethiopie
Provenance géographique : Éthiopie
Informations historiques : Longtemps désignés sous le nom de « Falashas » – « exilés » en amharique, un terme qu’ils rejettent en raison de ses connotations négatives –, les membres de cette communauté se nomment eux-mêmes « Beta Israël », la « Maison d’Israël ». Pendant des siècles, elle a vécu dans les hauts plateaux de Gondar et du Tigré, dont l’existence est attestée par les récits de voyageurs depuis le Moyen Âge. Pourtant, ses origines restent incertaines : certains les font remonter aux anciennes migrations juives ou aux réseaux commerciaux, d’autres à l’union du roi Salomon et de la reine de Saba. C’est là qu’ils ont développé une forme distincte de judaïsme, ancrée dans les traditions bibliques et rédigée en ge’ez, la langue liturgique sémitique partagée par de nombreuses communautés religieuses en Éthiopie, plutôt qu’en hébreu. Mais cette longue présence ne les a pas protégés : marginalisés et souvent craints, ils ont été exclus et victimes de discrimination et de violences, en particulier sous le régime du Derg à la fin du XXe siècle. Chez les Beta Israel, la culture s’est longtemps transmise à travers les chants, les textes sacrés, la musique, les tatouages et l’artisanat. Au fil des siècles, de nombreuses familles se sont tournées vers l’artisanat : les hommes devenaient forgerons, les femmes potières. Les femmes Beta Israel pratiquaient la poterie traditionnelle en utilisant des techniques éthiopiennes communes : la terre cuite façonnée à la main et la cuisson au feu ouvert. La poterie occupait une place centrale dans la vie quotidienne bien avant de devenir une forme d’art destinée aux visiteurs. À partir des années 1940, et plus particulièrement dans les années 1960 dans le village de Wolleqa, les femmes ont commencé à créer de petites figurines en argile destinées aux touristes, y introduisant progressivement des symboles et des récits juifs : rouleaux de la Torah, étoiles de David, rabbins… Au-delà de leur rôle économique, ces objets reflétaient une prise de conscience croissante de l’identité, façonnée en partie par les rencontres avec des visiteurs juifs venus de l’étranger. Ils sont devenus la synthèse d’un double héritage : profondément éthiopien dans la forme et la technique, profondément juif dans la mémoire et le symbolisme.